dimanche 2 août 2015

Cérémonie du Temazcal.

Comme souvent quand je prépare un truc, je m’attends à un truc de malade et je suis un peu déçue. Ca a pas loupé avec le Temazcal. La cérémonie était cool à faire, et super intéressante et relaxante. Mais, j’ai pas réussi à me connecter à moi même comme je l’aurai voulu. Et le Temazcan en lui même m’a fait que dalle. 

J’vous raconte. On était une dizaine à faire la cérémonie. On se fout tous à poil et on se caresse. Euh non. D’une on est pas à poil mais en maillot de bain. Et deux, pas de ça ici, gredin. Bref, on est en maillot, on enlève les trucs en fer parce que ça peut brûler. Et moi je quitte mes lunettes. Mode taupe activée. On fait le tour de la cahute avant de rentrer. On s’agenouille devant un bol avec des herbes qui brûlent dedans et on s’envoie la fumée où l’on veut : sur la tête, le coeur, le ventre. A vot’ bon coeur messieurs-dames. Et puis, on entre dans la cahutte : le ventre de la terre-mère, la pachamama. Les femmes d’abord, les hommes ensuite. Au milieu, il y a un trou : le nombril de la pachamama. On va mettre les pierres volcaniques incandescentes dedans. 28 au total. 

Mique nous explique comment va se dérouler la scéance et le rituel. Chacun prend un peu de temazcal : c’est du tabac liquide. On s’en met un peu dans chaque narine. D’abord la gauche, puis la droite. Non, c’est pas Zidane qui fait de la pub pour Volvic, c’est comme ça. Et puis elle nous demande si on est prêts. Vamos. On ferme toute la cahutte. On est dans le noir complet, pas un brin d’air ne passe. Seules les pierres s’illuminent quand les filles mettent des herbes dessus. C’est beau. Les filles se mettent à chanter au son du tambour et des maracasses. C’est envoutant. Et puis, on se présente tous. 

Le premier cycle va commencer : celui du vent, de l'air . Il représente les années de vie de la naissance à 3 mois. Les filles chantent, et jettent de l’eau sur les pierres incandescentes. Comme dans un sauna, la température grimpe vite. On sue a grosses gouttes. C’est difficile de tenir. Je n’arrive pas vraiment à me concentrer sur mon moi intérieur, ni a vider ma tête de mes pensées. Ce cycle me parait une éternité. ET puis, on ouvre la porte. Ouf. On se rafraichit un peu avec le peu d’air qui ose entrer. 

Avant d’entamer le deuxième cycle, celui de l’eau, De 3 mois à 24 ans. Mique demande si quelqu’un veut chanter. Personne n’ose. Moi j’acquièse. On rajoute 7 pierres de plus, tout le monde reprend du tabac dans le pif et on referme la porte. Je leur chante du Tryo « L’hymne de nos campagnes », ça me semble de rigueur. La température monte atrocement. Mais j’arrive mieux à penser à autre chose. Et ce cycle dure moins longtemps. 

On rouvre la porte. On boit tous de l’eau. Si tu ne finis pas ton bol, tu dois le mettre sur les pierres. Offrande à pachamama. On va entamer le troisième cycle : celui du feu. Des 25 ans au 38 ans. On reprend tous du Temazcal. D’autres se décident à chanter, c’est chouette. On remet 10 pierres de plus. Ouf. On referme la porte. On continue bien évidemment à chaque cycle de verser de l’eau sur les pierres. La, la chaleur est insoutenable et te brûle la peau. Mais j’arrive à visualiser pas mal de trucs : un projet de dessins futur, et moi dans pleins d’endroits où il fait frais. Me baignant dans l’eau des glaciers jusqu’au centre de la Terre. Courant dans un champ de blé au soleil couchant avec le vent qui me caresse la peau. Moi enfant, dansant autour d’un arbre, toute nue. Haha. Ouais je suis partie loin. Mais j’me disais que si j’arrivais à tenir sans me coucher sur le sol (c’est plus frais au sol), j’pouvais tout réaliser. ET j’ai réussi. Tout le monde crie, chante, gémit. C’est assez fort. Et la porte a fini par s’ouvrir. 

On s’allonge tous sur le sol, on es tous essouflés et on gémit. On se badigeonne tous d’eau fraiche avec un bouquet d’herbes et d’eau de cologne. Ce fait du bien. 

Et c’est parti pour la dernière ronde. Celle de la Terre, de la Pachamama. des 38 au 52 ans. Celui là, m’a paru une éternité. Tout le monde a voulu dire un petit mot, beaucoup ont chanté. C’était cool un, mais j’arrivais plus a supporter la chaleur. J’ai tenu bon. Peut être grâce à l’eau fraiche que nous a balancé à la tronche Mique. Je sais pas. La cérémonie s’est terminé. On sort tous un par un, comme un chat. Les femmes d’abord, les hommes ensuite. Et on file prendre une douche glacée. Ca fait du bien. 

On se resape. J’ai pas pris de sous vêtements. Je suis toute nue sous mon pull. Et pas que. Je me pause autour du feu. Ca fait du bien. Je suis quand même super apaisée. J’ai pas envie de parler. Juste envie de profiter de ce moment à moi. On mange du pain chaud avec du guacamole, un peu de fromage, une tisane. What else ? Deux jeunes garçons qui ont participé a la cérémonie viennent me parler. Si c’est moi la française ? Un peu mon n’veu. Eux sont nés ici, mais vivent en France depuis un moment. J’me disais bien qu’ils avaient un accent français. L’un deux est beau comme un dieu. On parle un peu. Mais j’ai pas envie qu’on vous dit.

Je resterai au coin du feu un bon moment à regarder les enfants jouer. J’irai me coucher, fatiguée et sereine. Et pleine de confiance pour la suite de l’aventure. 







La cahutte avec les pierres volcaniques. 


La cahutte. 

Le bouquet d'herbes. 

La douche de la fin. 
* Je viens corriger mes conneries. Comme d'habitude Tata avait rien compris. Le Temazcal en fait c'est pas du tout le tabac c'est la cahutte. D'ailleurs Temazcal ca veut dire "maison de chaleur" en Nahuatti.


Samedi 1 aout 2015

Otavalo, jour de marché.






















Samedi 1 aout 2015

Grand départ : Direction l'Equateur.

Après quelques jours de repos à Cali, dans la maison de Lucho, jeudi c'est le grand départ. Je vais vers le terminal de bus sous une pluie battante. Je dis au revoir à Lucho, il va me manquer ce con.
J'arrive au terminal trempée des pieds à la tête, sac à dos compris. Je trouve assez vite la compagnie que Daniel m'a recommandé : Boliviarano. Le voyage est pas très cher, on part dans 1h30, pour douze heures de voyage. Nickel.

On part en retard. Il est 21h40 quand on quitte le terminal, le départ était prévu pour 20h30. Elle gagne pas des points la compagnie. On part, j'ai terriblement envie de dormir. Mais la nuit va être très compliqué. Pourquoi ? Le chauffeur roule comme un fou, et la route est pleine de virages. A chaque courbe, j'ai l'impression que le bus va se retourner. J'envoie un message vocal d'adieux a Chachatte, au cas où quoi. Et petit plus, il y a des toilettes dans le bus mais pas d'eau. Je ne peux donc pas remplir ma bouteille d'eau. Par chance, on s'arrête pour que le chauffeur fasse une pause. Je trouve une bouteille d'eau pas ouverte par terre en descendant du bus. Merci la vie. Haha.

On arrive finalement à Ipiales à 6h du mat' . En vie. Avec trois heures d'avance sur l'heure prévue. Oui, on a roulé vite. Il fait un froid de canard. Le ciel est gris, il y a une petite bruine. J'ai pas eu autant froid depuis Bogota je crois. Je prends un taxi qui me coute un bras jusqu'au poste de frontière pour qu'ils m'autorisent à sortir du pays. Il y a pas grand monde, ça se passe tranquillement.

Et puis je passe la frontière, et me voila en Equateur. Petit pincement au coeur quand je vois le panneau. Le taxi me dépose là. Salut Wilson, à plus. Je rempli le petit papier pour entrer en Equateur. Il y a pas grand monde non plus. Ca se passe assez rapidement. Le mec ne me pose aucune question, et me tamponne mon passeport. 90 jours, c'est parti let's go. Je suis émue en voyant le tampon du visa.

Je prends un autre taxi, qui me coute les yeux de la tête celui là, jusqu'au terminal de transport. Mon premier contact équatorien. Super sympa, on rigole tous les deux. L'accent est différent mais je comprends mieux je crois. Par contre les dollars je ne m'y fais pas. A chaque fois je parle en COP. Haha. Il me faut un peu de temps pour la transition je crois. Et tout me parait horriblement cher. Ca va bien se passer.

J'arrive finalement au terminal. Comme en Colombie on vient me chercher pour savoir où je vais. Je trouve un bus rapidement. C'est parti pour 4heures de bus. Je somnole un peu. Il y a une jeune maman de trois enfants à côté de moi. Je m'amuse avec le petit. Il est beau. Ici, il y a beaucoup d'indigènes. Ils sont d'une beauté incroyable. J'adore la couleur de leur peau, leurs traits si fins. Et leur tenue traditionnelle. Les femmes sont sublimes. Et les vieilles dames magnifiques.
Dans le bus, en fond, un film américain d'une violence inouie. Les gamins regardent ça et se marrent. Mollo Polo quand meme.

J'arrive finalement à Peguche. Le bus me dépose au bord de la Panamérica. Je sais pas trop dans quel sens aller, je fais confiance à mon instinct. Le petit village est trop mignon. Avec la montagne en fond, la tête dans les nuages.




J'arrive facilement à l'hotel. Le lieu est génial. Des petites maisonnettes blanches, des arbres partout, des hamacs, des tissages colorés. Je devais dormir en tente, mais je suis trop crevée je rêve d'un lit.



La cuisine. 














Je demande s'il y a un endroit pour retirer de l'argent ici. Parce que j'ai plus que deux dollars sur moi. Penard. Il n'y en a pas, il faut que j'aille à Otavalo. Heureusement c'est à peine à 5 minutes en bus.

Ok. La, la priorité c'est de me laver.  Et dormir. J'ai la chambre 14. Il y a deux lits, mais je ne la partagerai pas du séjour.  La déco est jolie, j'ai ma douche perso.




 Et devinez quoi ? Avec de l'eau chaude. Mais vraiment chaude. Je savoure ce moment. J'ai pas eu droit à ça depuis Salamina. Le bonheur. Finalement cette douche m'a requinquée. Je ne vais pas faire de sieste. Je vais laver mes vêtements. Et rencontre, une jeune argentine. Qui voyage depuis un an maintenant. Elle travaille ici depuis un mois en échange du gîte et du couvert. Il faut vraiment que je m'y mette à ça aussi.

Bref. Une fois la lessive faite. Je décide d'aller à Otavalo. Pour l'argent et pour manger. Le bus est assez facile à prendre, mais vu la distance à parcourir autant y aller à pied.
La ville me plait. La population est vachement variée. Je suis fan des indigènes en tenue traditionnelle.  Les femmes surtout. Avec leur collier en or à plusieurs rangs, leurs robes brodées, leur chapeau de feutre. J'adore. J'me balade en essayant de ne pas me perdre. J'arrive sur une place où un marché d'artisanat a lieu. Ils sont nombreux. Ils vendent de tout. Principalement des souvenirs pour les touristes. Mais c'est beau. Des ponchos (je suis tombée amoureuse d'un), des couvertures, des peluches, des écharpes, des bonnets.  Tout ça en alpaga. C'est douuuuuuux. Et puis des sacs à dos, des babioles, des bijoux, des peintures. Enfin pleins de trucs. Je me promène au milieu de tout ça. Et je tombe sur deux types qui vendent des bijoux. Très joli. On discute ensemble, on ricane. Je leur raconte ma vie. Et me propose de me vendre quelques pendentifs pour un bon prix pour que je puisse les revendre. J'avais cette idée en tête depuis un moment. Je me dis pourquoi pas. Je fais une sélection. Et ils me donnent le prix : 55 dollars. Ah ouais ? C'est ça un bon prix. Euh, bah je vais y réfléchir les gars. C'est une somme énorme pour moi. En discutant un peu, j'arrive à faire baisser le prix a 40dollars pour un peu moins de vingt pièces. Sur le marché, je me dis que j'ai fais une affaire. Et en marchant, je me dis que je me suis fais arnaquer et que je suis même pas sur d'arriver à vendre tout ça. La panique m'envahit. Je discute avec des amis colombiens, et puis la force revient. Je me dis que si j'y crois, j'peux arriver à les vendre. Il faut juste que je trouve l'impulsion pour commencer. Affaire à suivre.

Je mange dans un petit comedor. Les prix sont un peu plus élevés qu'en Colombie. Les plats sont un peu les mêmes qu'en Colombie : avec une viande, du riz, une salade et un autre accompagnement. J'ai droit à un petit jus de goyave. Ca fait plaisir.
Et puis quand même fatiguée, je reprend le chemin de l'hotel. Je me balade sur le chemin de fer qui long l'hotel. Je rencontre des chiens errants. Il y en a beaucoup dans le village.




Et puis je rentre. Me fais une petite salade, avec des oeufs pellico. Je ferai pas long feu.

Premier jour en Equateur. Avis mitigé. J'attend de voir la suite.

Du jeudi 30 juillet au vendredi 31 juillet 2015