mardi 12 avril 2016

Maribor, rencontres entre pluie et soleil.

Ce matin, je me réveille difficilement. Il fait gris. Je petit-déjeune tranquillement avec Ronja. On discute de sa compétition de musique de demain.
Je me lave, fais mon sac et me rends compte que dehors il pleut.

Mon premier jour de pluie du voyage.

Je dessine une petite maison du bonheur avec fenêtre en coeur et porte arc-en-ciel, soleil et étoiles sur le mur des couchsurfers. Quitte cette maison géniale et décide d'aller manger à la gostilna d'hier, des fois que la pluie se deciderait à s'arrêter. J'enfile mon k-way, sexy à souhait. J'arrive trempée.

Aujourd'hui au menu, cordon bleu maison avec sa purée. OMG. Une tuerie monumentale. Avec la salade de départ, ça fait beaucoup pour mon petit estomac, mais je ne peux pas me résigner à en laisser une miette. En plus, il y a une petite sauce aux champignons.

Et je suis littéralement fan de champignons.

C'est donc le ventre plein et ravie de m'être régalée que je quitte Ptuj.

Mes envies de stop se sont dissipées avec la pluie battante, ce sera le bus. Direction Maribor.

J'arrive là bas, un peu fatiguée et j'ai froid. Je prends un café pour me réchauffer. Appelle Milica, ma couchsurfeuse, pas de réponse. Tanpis, je pars à la recherche d'un hôtel pas cher.

Sous la pluie et avec mes gros sacs, j'arpente donc la ville. Je trouve un premier hôtel, trop cher pour moi. J'en tente un autre plus loin, encore plus cher. Ca fait une heure que je tourne dans la ville, mon dos commence à me faire souffrir.

Ok. Je fais une pause, me connecte à internet pour trouver d'autres endroits. Et là, miracle, un message de Milica. Ce coquin de destin. Elle me donne rendez-vous à 19h30. Perfect, heureusement que ces hôtels étaient trop cher pour moi. Ma bonne étoile, probablement.

Je décide donc d'aller me poser dans un café cosy. J'en ai remarqué un tout à l'heure. J'y file. L'endroit est chaleureux. Ils ont toute une séléction de thé et un gâteau au chocolat délicieusement délicieux. J'en profite pour geeker, appeler la famille et l'amoureux. Ca me regonfle à bloc. Je passerai plus de trois heures dans la chaleur enveloppante de cet endroit si singulier.

Je repars sous la pluie et rejoins Milica et Alex son coloc. Direction, leur appart. Accueil chaleureux, ils ont l'air adorables. Milica vient de Serbie et Alex de Biélorussie. Ils sont ici pour faire du volontariat, pendant 6 mois,  dans un centre de playground pour les gamins assez incroyable et vraiment intéressant. Ca me donne des idées.

A peine arrivés à l'appart, Milica me fait un thé et Alex me propose de resortir pour aller boire un coup avec pleins de gens. Qui parlent tous anglais ? Génial. Banco.

On part donc sous la pluie dans un bar super sympa. On commande une bière et on fait les présentations. On est une dizaine venant chacun de pays différents : République Tchèque, Roumanie, Macédoine, Slovaquie, Inde, Kosovo, Finlande, Slovénie. C'est assez incroyable. Tout le monde parle anglais avec son propre accent. J'ai un peu de mal a comprendre l'accent indien, mais on y arrive quand meme. On parle tous ensemble de tout et de rien. On se marre. Je me dispute gentilment avec le mec du Kosovo qui ne comprend pas comment - je synthétise un - je ne me fais pas violer à chaque couchsurfing ou à chaque fois qu'une voiture me prend en stop. Parce que bon, je serai moche encore, il dit pas , mais là, il capte pas. J'essaie de lui expliquer, que , heureusement tous les mecs ne sont pas des porcs qui ne pensent qu'à sauter les filles, encore moins contre leur plein gré. Mais je crois que c'est peine perdue. Ca me révolte. Je tape du poing sur la table à plusieurs reprises. Je lui explique que c'est à cause de remarque comme ça, que parfois j'ai peur irrationnellement. Parce que depuis toujours on m'a fait me sentir un bout de viande, fragile, future proie des hommes assoifés de sexe. Merci de perpétuer les préjugés, mec. Je coupe court à la conversation en allant pisser. Merci la bière.

Avec les autes, on parle d'Agatha Christie, des études de médecine dans le coin et plus encore.
Après la deuxième bière, Alex me dit qu'il faudrait qu'on rentre, parce que Mossieur a réussi à se faire inviter à un voyage en Autriche pour demain et le départ est un peu tôt. En partant, Michal, le slovaque et photographe à ses heures perdues, me propose d'être son modèle les jours qui suivent si j'ai rien de prévu. Il me donne l'adresse de son site. Le mec est vraiment bon, je tombe amoureuse de ses clichés. Ok, je vais voir avec mon agent si je peux me libérer. Haha.
Et, Ioana de Roumanie me propose d'aller à une conférence d'une jeune syrienne demain soir. Why not.
On rentre, peut être un peu éméchés, heureux de notre soirée.
Je ne dormirai en revanche pas de la nuit, malgré le confort de mon canapé-lit. Mon corps ne voudra pas se mettre en mode off .. et restera en ébullition toute la nuit.

J'arrive quand même à m'assoupir un peu sur le matin et me réveille plutôt en forme et  assez tard. Milica est déjà debout depuis longtemps. Elle me propose de faire un jus 100% healthy avec sa super machine des années 90. Le genre qui enlève les pépins et la peau et extrait le jus en même temps. Amazing. Pommes, carottes, betteraves, gingembre. Un délice. Il fait gris mais il pleut pas. J'ai le droit de faire une lessive - ô joie - et on va faire quelques courses avec Milica. Elle achète notamment de la farine pour faire son propre pain. Je suis officiellement amoureuse d'elle. Haha. Elle doit rentrer bosser à la maison. Ok, on se retrouve en fin de journée, meuf.

Je vais manger dans une petite gostilna : soupe aux champignons - ma nouvelle lubby - et salade. Impec. J'arpente les rues de Maribor. Sans la pluie et sans mes gros sacs, c'est quand même plus sympa. La ville est jolie et plutôt animée. Même si c'est samedi après midi et que toutes les boutiques sont fermées du coup. Oui, ici, les magasins ferment le samedi midi pour réouvrir le lundi matin. Donc le weekend ici, c'est plutot virée en pleine nature que journée shopping. Plutôt cool ouais.

La ville est verte, avec pleins d'arbres partout, un énorme parc avec pleins de couleurs et d'oiseaux. Et puis toute la forêt qui entoure la ville. Je vais me ballader là-bas. J'apreçois un petit village tout près, des grandes étendues de vignes .. c'est beau. J'aprécie ma petite balade en solitaire. Lis un peu ici et là. Et retourne vers la ville. Je croise les deux finlandais qui vont manger. Et aussi pleins de supporters de foot de Maribor, arborant les couleurs jaune et violet de la ville, allant au match. D'après Milica, c'est pas du grand football. Les mecs passent plus de temps par terre qu'à courrir après la belle. Du Ravanelli de la grande époque. Haha.

J'aprécie tout particulièrement la rivière qui coule au milieu de Maribor. Ses beaux ponts colorés, ses nombreux cygnes qui se la coulent douce, son ile au loin. Je rentre à l'appart de Milica. La vue de chez eux est époustouflante. Sur la rivière, la ville et les deux collines qui surplombent la ville, surmontées de leur petite église.

Milica a fait du pain. Je le dévore avec du fromage et de la garlic sauvage. OMG. Cette tuerie. Son pain est un pure délice. Et toutes les deux on a du mal à nous arrêter. On reste a la maison, posées à discuter de la vie, de projets et d'amour. On rigole, on se comprend. C'est cool.

Et puis, 21 heures arrive vite. On se prépare pour sortir. Petite jupe, petit haut, petites chaussures t'as vu. On rejoint les finlandais. On va se boire des verres dans un bar hyper sympa, où ils passent des bon sons rock. On se régale. Je chante comme une perdue. Les garçons nous offrent une vodka orange .. enfin un jus d'orange visiblement. Haha. Et je goute mon premier verre de vin rouge : Remfošk. Un délice de douceur. Milica, qui ne voulait pas boire autre chose, se laisse finalement tenter après l'avoir gouter. Il est vraiment bon. On discute avec les garçons. Moi, plus avec Vessa. DJ à ses heures perdues. On se marre bien. Pendant qu'Epi essaye de pécho Milica, qui est visiblement génée de la situation mais ne sait pas bien comment la gérer. Ca durera toute la soirée, et sera de plus en plus gênant. J'esseairai à de  nombreuses reprises de lui envoyer des regards de sauvetage, en vain.

On ira ensuite danser un peu. Boite avec que des musiques des années 80. Bah vous savez quoi ? Ils ont même pas passé un Jean-jacques ou un Gilbert Montagné. Une aberration. Haha.
Il y a pas mal de personnes d'une quarantaine d'années et pas franchement grand monde. Avec les gars, on s'en fout, on danse et on fait les abrutis. A base de pas de danse improbables. Du mec qui conduit un autobus, au skieur, au fameux pas de la serviette. On ricane. Milica reste un peu plus calme et nous regarde. Je ne sais pas bien si c'est pour se débarasser un peu d'Epi ou juste parce qu'il y a pas grand monde. Mais ma foi, les minutes passent et elle se laĉhe.

Et alors là, festoche. On danse comme des folles. Des adolescentes sur un lit. On saute partout, on fait des chorés et on se marre. On kiffe à mort le moment. On s'arrêtera pas de danser jusqu'à ce qu'on parte vers les 2h30, 3 heures. Oui, je sais on m'a connu plus vaillante. Haha.

Sur le chemin du retour on débrieffe, comme si on se connaissait depuis toujours. Je lui dis qu'il faut vraiment qu'elle apprenne à dire Non. Pas possible de laisser pourrir la situation, et faire des choses que t'as pas envie juste pour pas froisser l'autre. C'est pas ça la vie. Petite douche et dodo bien mérité.

Le lendemain, rebelotte. J'me réveille sur les coups de 11 heures, alors que Milica est débout depuis 7 heures. Il fait un super soleil. On va manger dehors. Elle m'emmène à "the place to be" pour manger un čevapčiči, plat bosniaque par excellence. J'en avais déjà gouté un à Izola, qui m'avait complètement dégouté. Faut que je retente. Celui là était hyper bon, parce qu'il était dans du pain, genre pita. On en a pris qu'une moitié, mais en fait un entier ça l'aurait fait aussi. Après ça, la digestion s'annonce un moment difficile. Le soleil est parti se planquer derrière les nuages. Milica va acheter du chocolat pendant que je l'attends au bord de la rivière. Deux cygnes sont en train de faire la sieste, même eux, ils ont envie de chiller aujourd'hui. Milica revient avec deux tablettes de chocolat aux noisettes entières. OMG. Merci meuf. On décide de rentrer à l'appart pour faire, comme les cygnes, honneur à ce lazyday qu'est le dimanche. On dormira pendant au moins trois heures. Pour se réveiller pour prendre un thé et se poser devant un film : Incendies. Le film le plus intense de tout les temps. Photographie incroyable. Bande son de ouf. Histoire à couper le souffle et pleurer fort. Regardez le, vraiment. On l'a regardé en VO sous titré serbe. Les textes sont en quebecois et parfois en arabe. Donc Milica me faisait la traduction en anglais. Grand moment. Mais j'ai tout compris. Je ferai une petite compote pour clore cette parfaite journée à glander.

Lundi matin, on décalle tôt de l'appart, debouts 7 heures. Aouch. Milica doit aller bosser. Elle me dépose à l'appart de Michal. Oui, aujourd'hui je deviens modèle photo. Haha. On se prend un petit thé avec l'animal, on discute photos et voyage. On se fait une première scèance photo dans sa mini chambre. J'ai pas grand chose à faire à part essayer de regarder l'objo, sachant que j'ai pas mes lunettes. On joue avec la lumière du soleil qui rentre par la fenêtre. On rigole bien. Il est doué pour mettre à l'aise son modèle.

Et puis, il est déjà 9 heures, on va voir dehors ce qu'il s'y passe. On file dans le parc de la ville. On s'émerveille devant la beaute des arbres. Leurs racines si puissantes, leurs feuilles de milles couleurs, leurs branches dessinant des formes incroyables. On kiffe.

Et puis, on va dans la forêt derrière. On se balladera pendant plus de trois heures. Se montrant mutuellement telle ou telle fleur. Telle ou telle vue de cette arbre. S'émerveillant comme des gosses. On ira jusqu'à un des petits monts qui surplombe la ville. Avec sa vigne en contre bas. Et la vue incroyable de la ville. Le ciel est bleu, le soleil puissant. C'est bon. On se pose la un moment. On mange des petits gâteaux à la canelle et on se tait. On a bien discuté et rit toute la matinée. Temps calme.

On prend le chemin du retour, et on s'arrête dans une petite clairière. Nouvelle cession photo. Il arrive à me faire rire. Il aime mon regard surpris et innocent sur chaque cliché. Et il aime encore plus quand je cligne des yeux et qu'il le chope en photo. Il a pleins d'idées Michal, et c'est vraiment chouette de l'entendre en parler.

On rentrera sur les coups de 13h30. On ira manger dans un petit resto végétarien. On je fonderai pour un sandwich avec du fromage de chèvre, du basilic, des tomates séchées et des champignons. La base. Des musiciens de rue ont accompagné ce moment plus que parfait au soleil, de leurs mélodies. Notamment " My way" . Joué à la clarinette, guitare, accordéon et percussion arabe, c'est vraiment bon. On repart chez Michal, et je décolle. Merci mec. Hâte de voir le résultat .. peut être à cet été pour une autre cession.

Après moultes réflexions, je décide de prendre un bus pour Murska Sobota. Je vois pas bien ce que je vais y faire, mais tanpis. J'y arrive dans l'après midi. Je pique sérieusement du nez dans le bus. 7 heures, c'est vraiment pas une heure pour que je me réveille. Il fait un soleil incroyable. Je décide de chercher un endroit pour dormir rapidement, poser mes sacs et me la couler douce en terrasse. Je me mets donc en quête de l'auberge de jeunesse. Je demande aux gens. Personne ne sait de quoi je parle. Je tourne, faisant confiance à mon instinct. En vain. Je demande encore et encore. On m'indique parfois. Mais ca ne donne rien. On me propose dans un des bars où je demande de m'appeler un taxi.

Non. Je veux y arriver moi même. C'est le défi du jour, je le relève. Point final.

Je suis a deux doigts de craquer et des larmichettes viennent un peu au bout de deux heures. Mais je me reprends en main. Je vois une carte, et essaie de me repérer avec l'adresse. Ok. J'ai compris. Je prends un chemin. Je me trompe de sens, rechange de route. Je sens que ça y est je suis sur la bonne voie. Je me dis que si c'est pas la bonne, je sonne chez quelqu'un et je dors dans son jardin. Fuck.

Mais je  finis par y arriver. Trop fière. Le mec de l'auberge est un peu paumé et parle anglais comme une vache espagnole. Mais avec le sourire, ça fait du bien.

Il m'emmène dans ma chambre, j'ai ma propre salle de bain avec baignoire. Je m'allonge sur le lit, épuisée.

Je ne ressortirai que tiraillée par la faim. Me ruerai sur le premier kebab venu. Le dévorerai avec tellement d'ardeur que je me prendrai un poteau dans l'entre jambe en marchant. Je rentrerai, repue et crevée et m'endormirai à 21 heures. Ciao Tata.

Vendredi 8 avril 2016 au Lundi 11 avril 2016

vendredi 8 avril 2016

La maison du bonheur.

Ce matin, doux réveil par le soleil qui me réchauffe avec ses rayons. Grand ciel bleu. J'inspire profondément en souriant.
Je fais un peu de lessive et part arpenter les rues de Ptuj.

Je quitte la maison de la famille de Damjana. Elle a une putain d'âme cette maison. Elle est vieille, elle est immense. Genre manoir hanté. Mais avec les arbres fleuris devant, dont les fameux magnolias tant aimés (Oui ma super soeur a trouvé mon arbre adoré juste à la description), le linge qui sèche à la fenêtre et la petite figurine du chapelier fou caché dans un creu d'arbre à l'entrée, elle est belle cette maison.

La ville, quant à elle, respire la paisibilité. On est bien. Egalité avec Celje. C'est tout petit mais les maisons colorées, les jolies églises, les petites boutiques et les terrasses ensolleillées, rendent la ville vivante. Je prends plaisir à me perdre dans les ruelles. Je mange dans une petite gostilna  pour 4,50e. Salade a volonté et énorme soupe genre pot-au-feu. Typique de slovénie. J'me régale.

Et puis je continue à marcher sans savoir vraiment où je vais. Découvrant de temps en temps de magnifiques grafitis ou des vues splendides de la ville.

J'arrive au château. Le panorama est incroyable. Avec la rivière au loin. Et toujours ce ciel bleu. Je reste ici un moment, a lire pour la deuxième fois "Le guerrier pacifique" pour peut être essayer de trouver des réponses à toutes les questions que je me pose sur la vie.

Je suis entrain de lire paisiblement au soleil et un jeune homme à vélo et casquette vient me respirer dans le cou. J'arrête de lire. Il me demande visiblement, en slovène, le titre du bouquin. Je lui réponds en anglais. Il parle aussi bien anglais que moi, je ne comprendrai quasiment rien de ce qu'il m'a raconté. Je suis toujours entrain de me demander s'il ne savait juste pas parler anglais ou s'il était un peu fou. On l'est tous un peu remarquez.

On a quand même essayé de discuter un peu. J'ai plus rigolé de la situation que parlé mais c'était intéressant. Il me propose à un moment d'aller escalader le mur, des gosses sont entrain de s'entrainer. Avec mes grosses godasses, autant vous dire que c'était pas une franche réussite. Mais c'était sympa, et ca me donne vraiment envie de me mettre franchement à l'escalade. Blaž de son petit nom veut qu'on passe la soirée ensemble ou qu'on se voit demain. Je me dois de décliner l'invitation. Il a l'air peiné. Je ne sais pas vraiment ce qu'il attendait, peut être rien, bien que les signaux qu'il m'envoyait m'indiquaient le contraire. On se laisse là, sur le bord de la route. Salut l'artiste.

Je file acheter du pain de mie et des pommes pour faire du pain perdu ce soir. Je rentre à la maison, les enfants sont là. Plutôt calme. Je m'imprègne de l'ambiance de la maison et ne fais pas de bruit. Cuisine calmement et mange dans le même état.

Damjana rentre plus tard, presque les larmes aux yeux. En ce moment c'est pas la joie. Entre les problèmes de genou d'ajna et les problèmes de taff. Elle en a gros. Alors je la console. Caresses réconfortantes et je l'écoute. Ca je sais bien faire écouter. Ca lui fait du bien.

Tine, sort de sa tanière, et grimpe au mur et aux portes façon petit singe. Il nous fait rire. Sa grande soeur lui sort une phrase en slovène qui sonne drôlement beat box. Les trois sont fières et se marrent franchement à répéter cette phrase. Ca sonne drôlement bien en tout cas.

Le petit fait de l'escalade, il me raconte ses exploits hyper fier. Encore un signe. Il faut vraiment que je m'y mette sérieusement.

On discute avec Damjana dans le salon. J'aime vraiment beaucoup cette femme. On se fâche après Tine pour qu'il aille se laver. Il fait le clown. Damjana m'explique qu'hier il lui a dit qu'il m'aimait bien. "She's nice". C'est pour ça qu'il veut rester avec nous. Il sort de la salle de bain et me demande super sérieusement s'il faut qu'il coupe ses cheveux. Moi j'adore ses longs cheveux chatains clairs et sa petite frange. Mais il en a marre qu'on le prenne pour une fille. Les deux lui vont bien. Qu'il les coupe ça changera un peu.

Il finit par se laver, et ressort avec son fameux pyjama licorne que j'aime tant. Sa grande soeur arrive avec le pyjama dragon.

Combat de titan.

Le petit lui fonce dessus et l'attaque avec sa corne. Et le regarde de sa hauteur et lui dit "I can burn you just like that." Ils sont trop chou. Tout le monde me dit au revoir, Damjana y compris. Il est l'heure d'aller au lit.

On se revoit à La Rochelle,  la ville d'Angélique, ou peut etre en juin. Je serai ravie de venir partager des petits moments avec vous dans la maison du bonheur.

Jeudi 7 avril 2016

Rencontres parfaites.

Ce matin, j'me réveille à 8h30, après une nuit paisible. En douceur et de bonne humeur. Je vois le soleil essayer de percer à travers les rideaux : je la sens bien cette journée.
Petite douche, petit dej', petit skype .. je quitte l'auberge de jeunesse à l'heure promise. 10 heures.

Je file château de Celje à pied. Le mec de l'auberge m'a indiqué un petit chemin, j'y file. Il fait super chaud aujourd'hui. Tata commence à suer. Ouais, j'ai tout piqué à Jhonny sur ce coup là.

J'arrive à l'entrée du sentier easy. Waouuw. Le printemps fait un super boulot. Les arbres commencent à laisser apparaitre leurs jeunes feuilles vertes claires. C'est magnifique. Une forêt magique ma gueule. Je grimpe un sentier plutôt pentue, non sans mal.

Vous saviez en Amérique du sud, je pensais que le combo sueur-essouflement rapide était du à l'altitude? Que nenni les gars. J'suis juste une grosse tapette. C'est officiel.

J'arrive donc au château après une vingtaine de minutes de montée interminable. Mais tellement belle. Avec ses couleurs de printemps, son petit vent, ses chants d'oiseaux et ses papillons colorés. Je débarque par l'arrière du château en mode brigand. Genre je veux assaillir la bête quoi.
La vue du château est incroyable. Sur la ville, mais aussi sur la campgne environnante. C'est vert, c'est paisible, c'est beau.

Mais il y a des coups qui résonnent au loin genre méga explosion. Je demande au mec du château ce que c'est. Il me dit que les policiers et les mecs de l'armée s'entrainent au tir dans la forêt. Ah ouais quand même. Mais les mecs ont des bazookas, non?

Bref, j'entame ma petite visite du château. Je grimpe par ci, monte par là, escalade, profite de la vue. Il y a pas un chat, là dedans.

Comme d'hab, quand j'me crois toute seule, je cause toute seule.

En français.

Et là, je croise un type en haut d'un escalier. Je lance mon "Dober dan " habituel. Il me répond un "Bonjour" des familles.

Ooh un français.

Du coup, je m'arrête discuter un peu avec lui. On parle voyages surtout. Il est là pour le mariage d'un de ses potes ce week end. On partage a peu près la même philosophie de vie. On s'entend bien tout de suite. Et puis, le temps file. On continue la visite du château. On se boit une petite Laško fraiche dans les transats, qu'il m'offre généreusement. Et puis, il est déjà 15 heures et on a la dalle mine de rien.

On redscend le chemin dans la forêt enchantée.

Vachement plus facile dans ce sens.

Et on va manger ensemble. A cette heure là, pas facile de trouver. On s'arrête manger des pâtes dans un resto italien. Il me raconte ses aventures : au maroc en 2CV à dormir chez les bergers, à l'australie avec les potes, le canada ou les Etats Unis. Il me parle de son fils, de sa ferme, de comment trouver un camtar pas cher, de randos en France, de son nouveau taff .. et bien plus encore. Finalement vers 17 heures, son pote le rejoint et ils doivent filer. Manger comme des rois et boire des bières jusqu'à plus soif. Merci l'ami, c'était un chouette aprèm en ta compagnie. A la revoyure.

Du coup, 17 heures, un peu tard pour moi pour faire du stop, encore novice. Le pote de Tony a cherché un peu sur notre ami internet et me dit qu'il y a des trains pour Ptuj et me donne les horaires. Je décide de prendre celui de 18h17.

Perfect.

En attendant, je file au "tatoo piercing and coffe". Je prends un jus d'orange et demande combien c'est le piercing au nez et si le le pierceur est dispo. C'est dans mes prix et le mec me dit qu'il a deux trois trucs à gérer avant mais que c'est ok. Je bois mon jus, envoie un message a Damjana pour lui dire mon heure d'arrivée .. et c'est bon.

Le mec, grand tatoué-petit bouc, m'explique un peu le délire du piercing au nez. En gros, il y a un fort risque d'infection toute la première année .. la faute à toutes les merdes qui passent la dedans. Que l'anneau en premier c'est possible mais qu'il faut pas que j'y touche et que c'est plus à risque. De s'infecter d'une et que le trou s'agrandisse de deux. J'opte donc pour le clou à regret. Il me fait ça en deux-deux, je suis sereine. J'ai à peine sentie l'aiguille. Une vraie guerrière pacifique. Il m'explique rapidement ce qu'il faut que je fasse pour pas que mon nez devienne un nid à pus, je le paye, il me fait une ristourne. Et me dit de revenir en juin pour l'anneau. Ok buddy. See you, la je vais rater mon train. Haha.

Je cours comme une dératée à l'auberge de jeunesse récupérer mon gros sac .. et continue en courant jusqu'à la gare. Je dois être d'une rare élégance. Probablement proche de l'hippopotame qui ferait du breackdance. 18h15, j'arrive sur le quai, essouflée et transpirante. Hummmm. Bon apétit bien sûr.

Le train est même pas là, je l'attends bien 10 minutes. Enfoiré. Même ici ils sont en retard.

Je monte dans le train. Et là. Flow de questions. Et si ça s'infecte je fais quoi ? Et si je perds une partie de mon nez ? Et c'est un peu moche en fait non ? Et si ? ET ci ? et ça ? Haaaaaaaaa. Mais pourquoiiiiiii j'ai faiiiiit çaaaaaaa !!!! Mode crise de nerfs, mi sereine, mi j'ai envie de mourir.

Je regarde les paysages par la fenêtre, ça me calme un peu. Petits textos échangés qui me calment un peu aussi. On passe que par des petits villages. Vraiment sympa. Je change de train à Pragersko . Et arrive à Ptuj au crépuscule. J'vous ai dis que j'adorais ce nom de ville. Il me fait marrer chaque fois que je le prononce. On dirait le nom d'une MST je trouve. "Putain, j'tai pas dis j'ai chopé la Ptuj la semaine dernière. Sale histoire". Ca se prononce Ptouille au fait. Ah, vous voyez, vous aussi ça vous le fait.

Je demande mon chemin à une jeune fille. Qui me dit que ça doit être vers le centre. Le mieux c'est que j'y aille et que je redemande une fois là bas. "I hope you will find it". J'espère aussi chaton.

Une fois au centre, je vais dans le premier bar voir si elle en sait plus. Elle me dit qu'elle pense que c'est par là, tout droit. Des mecs assis à la table dehors lui demande ce qu'on cherche. Ils confirment ces dires : tout droit, j'peux pas me tromper. Au bout de la rue, je vois pas d'écriteau avec écrit Panonska ulica .. je demande mon chemin à une dame. Qui comprend pas bien et m'indique un hôtel pas loin. Je lui dis que non, quelqu'un m'attend. Damjana. Et là je l'entends qui crie "Damjanaaa. Damjaanaaaa". Ah bah oui, c'est elle. Nickel miguel. J'étais arrivée en fait.

Damjana m'accueille. Grand sourire, accolade. Elle était en train de laver sa voiture. On monte chez elle. Sa plus petite fille et son fils nous accueille. J'ai le droit direct à un petit concerto de violoncelle par le petit. Suivi d'un défilé en déguisement de panda licorne incroyable.

Haaaaa je veux ce pyjama.

Une vraie petit pile. On se pose avec Dmajana. Elle me propose des crêpes accompagnées d'une confiture maison de cerises faite par Grand-père. En voie de disparition. Puisque l'arbre est tombé il y a quelques temps. C'est le dernier pot. Un régal. Petit thé. Elle me parle des enfants, de son taff, des emplois en Slovénie.
Elle m'explique notamment qu'elle peut pas quitter son boulot. Parce que si tu fais ça, t'as plus de travail. Tous les emplois sont pris ici. Et toucher les allocs c'est compliqué. Elle est enseignante. Ca a pas l'air simple, mais ça se voit qu'ils sont heureux.

Elle est belle Damjana. Elle a 44 ans, elle en fait a peine 30. Elle a une belle énergie. Et ils ont l'air vraiment heureux tous les quatres ici. Elle a une autre grande fille. La maison du bonheur quoi. Remplie de good vibes. Je dors dans la chambre du petit. Dans son lit superposé, avec tous ses jouets partout, ses dessins au mur, et son arc-en-ciel peint au dessus de la couchette. Mon élément quoi. Une vraie chambre à rêves. Le petit lui dort avec sa mère. Ils ont une belle complicité. Je ne sais pas où est le papa. La plus grande de ses filles, elle, n'est pas encore rentré de l'école. Elle y va à Maribor et ce soir elle avait des cours en plus. Elle est pas rentrée avant 22 heures, ce qui inquiétait un peu Damjana. Parait qu'il y a des dispraitions suspectes à Maribor en ce moment. Tu m'étonne qu'elle flippe.

Elle me laisse les clés de la maison pour demain. Me dit de faire comme chez moi. M'allume un petit chauffage d'appoint dans la salle de bain. Ouais, je dois un peu sentir le fennec, ce sera pas de trop.

Je me douche, bonne nuit la petite famille. Merci pour l'accueuil, ça m'a fait oublier mes péripéties piercinguesques .. et même que je l'aime bien maintenant. On se retrouve au pays des rêves.

Mercredi 6 avril 2016

mardi 5 avril 2016

Celje et Laško, les paisibles.

Après un dimanche à flâner au doux soleil de Postojna, je reprends du service lundi. Le temps est complètement différent. Il fait gris et froid. Je me pèle le jonc en attendant mon bus pour Celje. Prononcez "Tsélié" sinon le monsieur-souriant-qui-vend-les-tickets-de-bus, il vous regardera avec ses yeux de veau.

Je rentre dans le bus qui est bien rempli, et m'assois à côté d'un montagnard moustachu. Je dis montagnard parce qu'il a un petit chapeau de tyrolien. Il sent la cigarette et peut être un peu l'alcool. Mais je l'aime bien. Je m'endors presque sur son épaule. Faut dire qu'il empiète sacrément sur mon côté du siège. On se laisse à Ljubljana. Petit salut courtois.

Les quelques heures de bus passent rapidement. J'aime les voyages en bus, alors ça aide forcément. On traverse des plaines verdoyantes avec quelques petits villages par ci par là.

En arrivant à Celje, je vois bien que le soleil essaie de faire son entrée. Il arrivera parfaitement à ses fins. Presque 20 degrés. Beau gosse, Mister Sun. A deux doigts de l'insolation.

Le bus nous dépose face à la gare et à son chemin de fer. Les trains sont colorés et tagués, il y a le chateau sur sa butte en fond, le ciel bleu et le soleil. Je me sens immédiatement bien dans cette ville. Elle a des good vibes. C'est la ville natale d'Ana, et cette ville respire autant la joie de vivre qu'elle.

Comme d'hab', je me promène un peu dans les rues. Avec mon gros sac à dos, je ne passe pas inaperçue. Je suis à la recherche d'un bon coin pour manger. J'ai la GROSSE dalle. Et je ne vois QUE des cafés. Ah ça, il y en a du coin pour boire un truc ou manger un dessert, mais pour ce qui est de bouffer.

Après quelques minutes, j'aperçois une ruelle ensoleillée et une petite terrasse. Je m'installe. Les serveurs sont plutot charmants, ils m'apportent la carte.
En ce moment, je suis plutôt dans le délire "J'fais gaffe à ce que je bouffe et j'évite la viande". Pas loupé. Je suis tombée dans THE temple de la viande. Des photos de GROS burgers bien gras, des entrecôtes de taille indescriptibles, de la bidoche, de la bidoche, encore de la bidoche. NI-CKEL.

Mon karma veut me mettre à l'épreuve ?

 'Azyyyy.

Je prends une salade sans viande d'après ce que j'ai lu. On me l'apporte. BIM. GrosseS trancheS de lard ou de bacon. Haha. Tanpis j'aurai essayé. Une salade d'une taille incompréhensible d'ailleurs. Chou blanc, roquette, batavia, raisin, fromage, pain huilé-aillé, bacon, noix. Pénard. J'me suis régalée. Et pour pas cher.

Pendant le repas, Ana me donne des nouvelles .. et aucun de ses potes de là-bas ne sont dans le coin. Tanpis. J'irai en auberge de jeunesse. Je laisse mon instinct essayé de trouver le lieu de ma convoitise. Et puis, je finis par demander mon chemin. Et bah, j'étais drôlement pas loin. Et non je ne suis pas courageuse, jeune homme. Je suis tout sauf ça. Haha.

L'auberge est top canon et je suis encore toute seule dans mon dortoir. Perfect.
Le soleil dehors me rend toute joyeuse et excitée. J'ai trop hâte d'aller arpenter les rues de la ville. Je pose mes affaires et file respirer l'air frais.

Celje est toute petite mais très charmante. Ses batiments sont beaux et colorés. La rivière qui coule au milieu est entourée par d'immenses arbres entrain de verdir. Je tombe d'ailleurs sous le charme d'un des arbres. Qui possède d'immenses fleurs entre l'orchidée et le nénuphar. Tantôt blanches, tantôt violettes. Sublimes.

Les bords de rivières sont calmes. Beaucoup de monde se promènent. Des enfants, des personnes âgées, des runners, des skaters, des cyclistes. Je me pose au soleil lire un peu. Il fait vraiment bon vivre ici. Je m'y vois carrément. Je me perds un peu, mais gentilment. Des jeunes amoureux s'enlacent sur les bancs, ça joue au basket sur un terrain pas loin. Et puis j'atteris sur une petite place pas loin de l'église. Un  jeune joue de la trompette à la fenêtre, je l'écoute un moment. Et puis loin, un son de haut bois résonne. Je souris.

Je reprends gentilment le chemin de l'auberge. Et aperçois ce "Piercing tatoo and coffe" qui me donne des idées. Il est planté en face de l'hostel .. si c'est pas un signe.

Je me ferai une petite salade de concombre et mais avec sauce au yaourt. Pamplemousse en dessert et irai geeker au calme dans mon lit. Je lirai notamment un message de ma soeur notifiant que mon petit neveu d'amour lui a dit : "Quand je serai grand, je prendrai l'avion avec Tata moi". Haaaàaaaaaaa. Onde de bonheur.

Mardi matin, le réveil sonne à 8h30. Je dois libérer - Dééééélivrééé .. pardon. - la chambre à 10 heures. J'ai envie de faire une grasse mat' .. je l'éteins et me rendors. Je reste une nuit de plus, fuck.

A 10h03, on frappe à ma porte et on rentre. "Oui, c'es pour ? Témoins de Jéovah, j'suis pas intéressée." Ah non. Oui je reste cette nuit finalement, ça vient de se décider. 10h15, nouveau toc-toc. Le mec de la récéption ce coup-ci. "Oui, oui, je reste cette nuit, oui. Je payerai tout à l'heure oui, voila. Faisons comme ça." Du coup j'me lève. Petit dej' , lessive à la main, douche. Et je décolle.

Waouw, 12h ? J'ai du trainer. Haha.

Aujourd'hui, grand jour. Je change de fringues pour la première fois depuis deux semaines. Je laisse de mon côté le combo jean-debardeur Mango qui commence à être fatigué, et enfile ma petite robe. Nouvelle meuf.

Il fait une chaleur de fou. Je m'attendais pas à ça.

Je file sur la route pour trouver un spot intéressant pour faire du stop jusqu'à Laško et ses thermes. On s'arrête assez rapidement. Goran. Un bosniaque qui ne parle pas un mot d'anglais. On essaie de communiquer, mais c'est un peu compliqué. Ca a le mérite de nous faire marrer quand même. Il me dépose devant les thermes. Salut l'artiste.

J'ai une espèce de grosse dalle des familles, et n'ai pas envie de faire des kilomètres pour trouver quelque chose. Je vais donc dans l'hôtel collé aux thermes -qui à l'air d'être de 1000 étoiles environ- pour me sustenter.
Ma foi, le serveur me dit qu'il y a un buffet pour 15 balles juste là. Banco. Du coup je m'en donne à coeur joie. Soupelette, salades, viandes (Bah ouais, c'est le buffet un.), légumes, patates, fromages, desserts. Tout y passe. Je prends quelques fruits dans mon sac pour la route. Non, pas la manouche, je ren-ta-bi-lise.

Je file donc dans les piscinces thermales avec un bide de 5 mois environ. Et là, gros kiff. Bon par contre, c'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. Mais c'était bon.
Petits jaccuzzis, toboggan, piscine à remous, de la bulle par ci, de la bulle par là. Je prends mon pied et j'me détends. Il y a même un morceau de piscine qui donne sur l'extérieur. Vue sur les plaines et la forêt alentour. Pouwa.

Viens on est bien. Viiiens. On est bien, bien, bien.

Je ressens chaque petite bulle qui éclate sur mon corps, chaque frisson qui me parcourt. Ca me rapelle un moment spa avant mon départ. J'suis drôlement bien.

Je nage un peu. M'amuse avec un bébé qui veut visiblement jouer avec moi. Fais du toboggan. Je parle sous l'eau, fais des bulles avec ma bouche. Une vraie gamine.

Je finis par sortir au bout des trois heures autorisées. Je me balade un peu au bord de la rivière. Admire le paysage. Oh un héron. Il prend son envol devant moi. Deux fois de suite.
Je vais voir un peu la ville de Laško qui est adorable. Avec son petit château, des églises sur des monts verts. C'est quand même chouette le printemps, merde.

Et puis je décide de rentrer. Je galère un peu à faire du stop. Persone veut me ramener mon vieux. A part quelques uns qui s'excuse parce qu'ils vont pas loin (ce que je trouve toujours très adorable) .. les autres m'ignorent parfaitement. Sympa les gars.

Et puis ma foi, Marco s'arrête. 22 ans, un accent anglais pas évident à comprendre. On discute bien. Il a envie de voyager lui aussi avec son sac à dos, en Europe et en Amérique. Mais vas-y chaton, Tata te soutient de tout son coeur.
Je lui demande comment on va au château de Celje du coup. Il me propose de m'emmener. Merci l'ami. C'est fermé, mais pas grave, maintenant je sais comment on y va. Il me dépose là, me prend mon facebook. Ciao.

Je rentre gentilment à l'hôtel.

Demain pour le coup je serai obligée de dégager de la chambre à 10heures. Programme : Visite du chateau et stop jusqu'à Ptuj où une jolie petite famille m'attend =)

Dimanche 3 avril au madi 5 avril 2016.

samedi 2 avril 2016

Des grottes et des chevaliers.

Ce matin, je traine au lit un maximum, pour repousser le moment où je vais devoir être avec Efrem. Et en même temps j'ai un petit espoir de me dire que peut être la nuit nous aura fait du bien.

Je finis par me lever vers 10 heures pour pisser. Je retourne sur mon futon et je l'entends sortir de son lit. Et merde. Confrontation dès le réveil. Moi qui suis déjà pas du matin. On se parle du bout des lèvres.
Je mange quelques gateaux et bois un bol d'eau. Je lui redemande les horaires des bus pour partir loin d'ici. A la base, je voulais aller a Lipica, mais je sais pas comment. Je décide finalement de prendre le premier bus pour Postojna. J'aviserai là-bas. Il y a un bus a 12h45. Parfait.

Je vais me laver, fais mon sac à peine défait et me casse. Un aurevoir aussi froid que le bonjour. Il est 11h11. Je passe la porte du grand immeuble en me sentant un peu plus sereine.

Je m'achète quelques fruits pour le petit dej' .. j'me sens reprendre du poil de la bête. Je marche jusqu'au terminal de bus. Prends des photos de Trieste qui est malgré tout très belle. Un petit au revoir -pas un adieu c'est sur - à l'Adriatique.

J'achète mon ticket. Vais pisser. Oui, encore, j'ai une petite vessie. Maléable mais petite. Bref. Arrivée aux chiottes, une jeune demoiselle trop mignonette choupinette à lunettes me propose spontanément de porter mes sacs -y compris le gros- pendant que je vais aux toilettes parce que le sol est mouillé. Moi je m'en fiche. Mais elle me prend les sacs des mains et me dit "Fast". Je pisse plus vite que mon ombre. Une des mes nombreuses qualités. Oui c'est assez impressionnant je sais. On discute un peu. Merci petite mignonerie pour ce moment humain et chaleureux tout simplement. Ca me refile la patate.

Je prends mon bus qui me dépose à Postojna au bout d'une heure. La ville est pas très belle et il fait gris. Je laisse mes jambes marcher toute seule, mes pensées vont ailleurs. Elles m'emmènent devant une auberge de jeunesse colorée. Je rentre. C'est calme. 15 euros la nuit. 'Azy bebey. J'ai un petit dortoir pour moi toute seule avec trois lits. Tellement petits et serrés qu'on pourrait en faire une super cabane en deux-temps trois-mouvements.

Je vais faire un tour dans la ville. Mange un hamburger végétarien sur les coups de quatre heures pour pas cher. Je marche dans le froid sans trop savoir où je vais. J'arrive jusqu'aux grottes, les paysages sont jolis. Les vallons, la rivière. Et un petit village au loin avec une petite église. J'y go. C'est charmant. Des enfants jouent sur un trampoline. Il y a un mini cimetière. Des petites maisons style montagnard. C'est chou. Et puis, je sens bien que je commence à être crevée. Besoin de repos. Je rentre à l'auberge. Il y a de la jeunesse partout. Les murs sont fins ici. Je les entends rire et parler fort longtemps. Pourquoi on a besoin de parler si fort quand on est adolescents ?! Question du soir, bonsoir. Je reprends de l'énergie avec un petit facetime des familles. Ca fait du bien. Dodo.

Le lendemain, je voulais partir tôt sur les routes. Bon. J'ai un peu ripé, besoin de sommeil sans doute. Je déjeune tranquillement et finit par quitter la piaule à 11heures. Ouais, pas franchement aux aurores, un ?

Je file aux grottes. Je prends mon pass pour y entrer et un autre pour le château de Predjama. Le chateau d'Erasme, ma gueule. Ouais ouais. Mon nouvel idole. Le robin des bois de l'époque quoi. Mais siiiiiii .. le mec qui est mort sur ses chiottes. Je sais pas encore comment y aller comme c'est à 10km d'ici, mais je suis confiante.

La visite de la grotte est à 12h, je flâne un peu en attendant l'heure fatidique. On commence la visite. Nous les "audioguide" on passe les premiers. Je suis avec quelques français et tout un car d'asiatiques. Et leurs perches à selfie.

On monte tous dans le petit train. Il fait dix degrés, humide .. j'ai la truffe froide. Bonnet, capuche, gants : je suis ready. On fait quelques mètres dans la locomotive : on passe des tunnels, une immense salle avec des lampadaires en cristal (ndrl : Sisi l'impératrice et son keum on notamment fait une sacrée teuf la dedans) et des cavités incroyables. On descend du train et on continue a pied.

C'est impressionnant vraiment. Se dire que ces immenses blocs de calcite ont mis des millions d'années à se former et que nous on est là, à coté. Vous saviez qu'un stalagmite ça "pousse" d'un centimère tous les 100 ans ?! Et là y a des blocs de dizaine de mètres !!! Et même que des fois une stalagtite et une stalagmite se rejoignent en un pillier : comme deux amoureux qui attendent enfin d'être réunis après des milliers d'années. Je trouve ça trop beau. Des fois ça brille, comme des paillettes. Des fois c'est rouge, blanc immaculé ou noir.

Y a la salle à spaghettis aussi : où des milliers de petites stalagtites toutes fines tombent en pluie du plafond. Et puis il y a l'histoire du dragon glouton. Qui mangeait des veaux, des agneaux e des jeunes filles - Pourquoi c'est TOUJOURS les jeunes filles bordel ?! - . Qui s'est fait tuer par Jason - Prononcer le pas à l'americaine un, on n'est PAS à L.A - le malin. De la chau vive, envelopper dans une peau de mouton. Le dragon gloutonne. A mal au bide, boit de l'eau .. et PAF ! Ca fait des chocapics  le dragon est mort. Mais heureusement il avait pleins de petits bébés. Qui vivent toujours dans la grotte. Des human fish ou proteus. Un animal fascinant. Sans yeux, à la peau rose translucide, un corps de serpents, quatre petites pattes, des branchies et même des petits poumons. Comme un bébé dragon qui viendrait de naitre quoi.

Les concrétions rocheuses -Ouais j'utilise des termes techniques - sont aussi méga fun parce qu'elles prennent pleins de formes différentes. Oui, j'ai passé ma visite à imaginer des monstres, personnages ou animaux. C'est comme avec les nuages mais en calcite quoi. Y'avait des crocos, des têtes de morts, des Papas de Cire, Merlin l'enchanteur, un rhinocéros, un hibou, un tigre, des nains .. et pleins d'autres encore.

Et puis, la dernière salle c'est la "salle de concert" et il y a de temps en temps des spectacles . Il y a notamment eu des autochtones australiens qui sont venus jouer .. peut être bien du didjeridoo . Pouwa. Ca devait être tellement puissant. Le guide anglais a chanté un peu de lyrique, ça a déjà carrément envoyé du lourd. V'la l'acoustique.

La visite est finie, on termine par admirer la rivière Pivka s'écouler dans les profondeurs de la terre.

Il est un peu plus de 13h30 quand on sort de là, et les commentaires de l'audio guide sur la bouffe du coin m'ont mis l'eau à la bouche.

Je suis la seule personne dans le resto qui ne fait pas partie du bus d'asiat'. Ils sont une centaine, mais je trouve une table. Je me déguste des fusillis aux truffes qui sont une pure merveille. Et une crêpe de l'empereur. Hommage à Sisi ma gueule. Recette de l'époque.

Il est déjà 15 heures quand je sors du resto. Le chateau de Predjama ferme a 17heures. Si j'y vais à pied, je l'ai dans le baba. J'entame donc une petite scéance de stop. Sourire et supplications. Un couple de Postojna finit par me prendre. Adorables. On discute pendant le court trajet. Lui, m'apprend notamment qu'il y a un mec qui a fait le tour de la Slovénie en 48 heures à vélo. Papa, tu connais tes nouveaux projets.

Le chateau de Predjama, il envoie du lourd. Il est trop beau de une, et en plus il est encastré dans la falaise. On dirait qu'ils l'ont sculpté directement dans la roche. Et dessous du coup il y a pleins de galeries souterraines qui étaient utilisés comme des passages secrets. Le boulot est tellement bien fait que parfois on ne sait plus ce qui fait partie du naturel et du construit.

Donc Erasme est le premier à avoir habité là. Et à y être mort. Et pour lui rendre hommage son amoureuse a planté à côté de l'église où son corps est enterré un arbre. Un tilleul pour être précise. Qui est toujours là. Et son tronc est creux mais l'arbre est vivant. Je me suis mise dedans, un vrai arbre magique.

Et puis, il y aurait aussi des fantômes qui rôdent notamment dans la salle de torture. Courant d'air et bruits sourds. Belle ambiance.
La vue du château est superbe. Que ce soit des meurtrières, des machicoulis ou de la porte des chiottes, c'est waouw. La forêt de pins, la rivière, les vallons, le petit village, so cute. Et il y a la cloche aussi. Si tu la fais sonner, elle éxauce les voeux. J'espère qu'elle réalisera le mien. Bah non j'peux pas vous le dire, sinon c'est foutu. Et non, c'est pas que Jean Pierre Coffe résucite. Bref, une belle visite d'un autre temps.

Je décide d'essayer de rentrer. Parce que si je dois me taper les 10km à pied, certes ça va user mes souliers, mais en plus je risque de me mettre dans la nuit.

Je demande à la seule famille qui est sur le parking s'ils vont à Postojna : non.

Bon.

J'entame à pied. Je demande ma route à une vieille dame qui parle seulement slovène. On arrive à se comprendre en faisant des signes. Elle m'indique un raccourci. Je le prends comme si mon sens de l'orientation était excpionnel.

LOL MDR EXPTDR.

Ma foi, j'men sors pas si mal avec un léger hors piste. Je rejoins la route principale qui est toute en virages. Il y a pas vraiment d'acôtement. Dans mes oreilles "Dumbs ways to die" passe. Haha. Jolie bande son pour se faire renverser, j'ai un fou rire toute seule au milieu des pins, une montagne enneigée au loin.

Après 5 km, une voiture se décide à me prendre en stop. Alessander et sa chienne Lola, méfiante avant que je rentre dans la voiture et toute caline après. Il me ramène jusqu'à l'auberge : un amour. Il me raconte sa jeunesse d'autostoppeur avec des etoiles dans les yeux. On se sert la pince, bon vent l'ami.

Je repars pour une nuit de plus. Il y a des scouts pleins les couloirs. On me donne une chambre isolée tout en haut. C'est calme, très calme. Trop calme. Je croise un jeune homme torse nu, serviette autour de la taille en allant pisser. Oui, ENCORE.

Repas léger et dodo. A demain pour de nouvelles aventures.

Du vendredi 1er avril au samedi 2 avril 2016



vendredi 1 avril 2016

Sublime Italie et bad mood.

Après ces quelques jours à profiter de la côte slovène à base de siestes au soleil, de petites salades et desserts délicieux, de films du soir au chaud dans l'appart de Josip, de thé en veux-tu en voila et de visite de Koper; je décide de reprendre la route. J'ai l'impression que mon énergie est en baisse, je me sens m'enliser, c'est pas bon.

Je décide donc, après un dernier bain de soleil au bord de l'Adriatique, de partir en direction de Koper en bus pour commencer à faire du stop là bas. Il fait un soleil de fou, ça m'encourage.
J'arrive à Koper, et arrivée au premier rond point je sais pas trop de quel côté partir. Je demande à un jeune barbu ce qu'il en pense. Il me décrit la route à la perfection pour me rendre au meilleur spot. J'en ai pour 22 minutes à pied, 25 vu mon chargement. Merci pour la précision de vos infos, jeune padawan. Haha.

Je mets ma petite affiche "Triest" sur mon sac à dos, des fois qu'une âme charitable voudrait m'emmener avant que j'arrive a l'endroit rêvé. Ca n'arrivera pas. Je suis de bonne humeur, prête à envoyer du sourire à chaque automobiliste. J'arrive sans me perdre au lieu dit, je pose mes sacs, sors ma pancarte et j'envoie du smile.

Après quelques minutes, un homme de quarante ans, bedonnant s'approche de moi. "Moi j'vais à Trieste" qu'il me dit avec son sourire franc. Mes yeux s'illuminent.
En fait c'était une blague. Haha. Beaucoup d'humour caché dans ce bidon visiblement.
Il me dit qu'il est macédonien et que c'est pas très prudent pour une jolie jeune fille comme moi de me ballader toute seule. Encore moins de faire du stop. Et merde, ça me suivra donc jusqu'ici ça. Moi qui croyais y échapper. Bref. Il me dit aussi que ça sert à rien que j'aille a Triest si mon but ultime c'est Lipica. Il s'en va en me suppliant de faire attention.

Et il me met le doute ce con. La petite graine de la peur s'immisce et commence à fleurir. Je vois ce mec comme un signe. Je rebrousse chemin et vais à la station de bus pour voir s'il y a un bus direct pour Lipica.

La meuf de la station parle a peu près aussi bien anglais que moi, on se comprend à peine. Mais il y a pas de bus pour Lipica. Mais pour Trieste oui. Allez vas y bébé. Envoie le ticket.

Comment ça je fais ma tapette ? Ouais, bon, c'est pas faux. Mais pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.

La petite heure de bus passe relativement vite. On arrive à Trieste. Le chauffeur me donne une petite tape sur l'épaule et un sourire en sus, ça me fait du bien.
Trieste est bien plus grande que ce que j'imaginais . C'est marrant, on es tout près de la Slovénie mais on sent vraiment qu'on est arrivé en Italie. Bizarrement je m'y sens moins en sécurité. Etrange.

Je m'assois sur les marches de la station de train. Et attends. Je devrais appeler Efrem, le couchsurfer que j'ai trouvé la veille, mais j'ai peur.

De quoi ? J'en ai absolument aucune idée. De moi, probablement.

Je reste la un bon moment à somnoler sur mes sacs.

Je finis quand même par l'appeler le bonhomme. Voix froide et monocorde. Je lui demande où on se retrouve. Il me dit qu'il m'envoie l'adresse par texto.

Effectivement il me l'envoie.
Brute.
Sans explications.
Oooookaaaay. J'vais me débrouiller mec, merci.

Mon appréhension grandit un peu plus envers lui. Est ce que ça a conditionné la suite ? Peut être bien.

Je me lance donc dans la ville à pied. Me dirige où je pense être la bonne direction. Il fait beau. La ville est belle. Vraiment. Des monuments incroyables mélangeant style autrichien, au romain, avec quelques églises orthodoxes. Un petit port, des ruelles colorées et animées, un front de mer immense. Cool.

 Je demande quand même mon chemin à un kiosquier -  Si si, ce métier existe haha - qui ne parle pas anglais. Je lui dis juste le nom de la rue, il me dit que oui c'est tout droit. Je trouve par miracle la Via vasari. Je file au 18. L'endroit est cosy. Efrem m'ouvre la porte du bas. Je monte ces cinqs étages à pied. J'arrive en haut erreintée, pas sure que ce soit à cet étage. Il finit par m'ouvrir la porte. Il me sort un "Hi" plutot froid, suivi d'un "Tu peux enlever tes chaussures?" et il file s'assoir en tailleur près de son futon-canapé.

Il est assez intriguant Eferm. Il est calme, pas franchement souriant, d'une beauté froide. Il est accueillant mais pas vraiment. Difficile à expliquer, mais je me sens pas spécialement à l'aise. Il me propose un verre, enfin non,  un bol, d'eau. Il me dit detester les verres. Je lui demande pourquoi, il sait pas trop.
Son salon est super cosy avec des tapis persans au sol, des tentures, des lumières-mosaiques de couleurs et des peintures faites par lui et ses amis au mur.

Il me propose d'aller faire un tour en ville. Allons y. L'ambiance va peut être se détendre. On discute calmement. Je ne peux m'empecher d'avoir quelques fou rire qui me font du bien. Notamment quand il me di qu'il bosse dans le café mais qu'il deteste ça. Je sais pas pourquoi, je ris pendant au moins 10 minutes, la dessus.

On parle méditation, shamanisme et quête de soi. Il est interessant mais plutot peu humble. Il me dit notamment que les gens qui n'ont pas compris que tout ce qu'il y a sur Terre ne fait qu'un et qu'on est aussi bien son voisin, que l'arbre ou le chat, sont des ignorants aveugles et qu'ils détestent ce genre de personne. Avec les verres et le café du coup, si vous avez un tant soit peu suivi.
Niveau tolérance on repassera quand même. J'essaie de lui donner mon point de vue en baragouinant, pas sur qu'il ait compris. Pas sur qu'il en ait eu envie non plus d'ailleurs .

Il m'emmène sur les hauteurs de la ville, près d'une église et de ruines romaines. La vue est incroyable. L'intérieur de l'église plutot mystique, avec une énorme fresque aux couleurs violettes qui brille au soleil.

Et puis on descend vers la mer. On passe par la place principale. Impressionante. On se pose un peu au front de mer. La mer est plus agité qu'à Izola. Elle en profite pour m'arroser, chaussures et chaussettes comprises.
On reste là, sans rien dire, profitant de la brise, du soleil et du bruit des vagues.
Et puis, le temps se rafraichit, on bouge. Il me propose une glace qu'il m'offre. J'vous l'dis, il est plutot accueillant, mais à sa manière, tout en reserve.
On la déguste (chocolat-noisette : un régal), face à l'église orthodoxe. Un monument . Magestueuse avec ses toits bleus et ses fresques en mosaique.

Et puis, on rentre. On discute posés sur son canap', on écoute Les doors à fond. Il m'apprend quelques notes d'un intrument de musique kurde incroyable. J'arrive à enchainer quelques notes. Il me fait à manger. On parle un peu, mais je suis hypnotisée par Jim Morrison. Ce mec a une puissance incroyable. Je deviens fan instantanément. Comment ça, il était temps ?!
Il me demande si je veux bien lui masser le dos. Moi sympa j'accepte. Je le masse énergiquement pendant une bonne demi-heure. Je le soupçonne de s'être endormi. Il me remercie. C'etait le minimum que je puisse faire pour le remercier de son hospitalité. Je fais la vaisselle, vais me doucher et file au dodo.

Je vais me coucher un peu perdue, un peu destabilisée par son attitude et la mienne au passage. J'me trouve bien trop dépendante de l'energie ambiante, ça m'emmerde. Je voudrais toujours être à 100%, mais j'en suis pas encore la, malheureusement. Et encore trop souvent, j'me sens con. Face à lui, petit mec de 23 ans, j'me sens con. Ca me met face à moi-meme et j'me répète : "Mais t'en es où toi en fait dans ta vie ?" .. et je deteste cette question.

Lundi 28 mars au jeudi 31 mars 2016

lundi 28 mars 2016

Piran, l'incroyable.

Ce matin, après une nuit agitée mais ma foi bonne, j'me réveille doucement. Le ciel est couvert. Josip a passé une mauvaise nuit, il se réveille avec des douleurs. Il me dit ne pas être dans un bon jour, il préfère rentrer dormir dans son bon lit a Ljubljana dans la journée. Il a essayé de se dérouiller en allant faire un petit tour dehors de bon matin. Pas suffisant. Il en a profité pour me ramener un croissant. Un amour.
On va faire un petit tour en ville avant qu'il parte. On va a l'office du tourisme pour que je me renseigne sur les façons d'aller a Piran. Et puis on rencontre un ami à lui avec ses 5 enfants, donc quatre filles. Qui sont sublimes. Surtout une. Elle doit avoir quatorze ans. Une peau de porcelaine, une bouche parfaitement dessinée, des cheveux impeccablement tirés en arrière. Ils nous invitent à boire un café. Ils parlent en slovène. Mais le papa m'explique en anglais de quoi ça s'agit de temps en temps. Il me tape un peu la causette. J'suis pas au mieux de ma forme non plus, l'anglais est difficile ce matin. Je bafouille deux trois trucs. Je prends un peu le soleil. Ca fait du bien.

On les remercie et on rentre en direction de la maison. Josip me dit que si je m'améliore pas en anglais ça va être compliqué pour moi. Ca me vexe, moi qui pensais avoir fait des progrès. Dans ta face Magnon.

J'ai décidé d'aller a Piran en bus. C'est pas très cher et je me sens pas de faire du vélo pendant des heures. J'ai encore mal au cul des trajets à Ljubljana. Je laisse reposer mon fessier.

Je quitte Josip. Un calin, prend soin de toi l'ami. Encore merci pour tout. On se voit à Ljubljana dans quelques mois pour voir si mon anglais a progressé.

J'arrive à l'arrêt de bus pensant être en avance. Le bus arrive dans la minute. Trop fort. En fait, c'est juste que j'avais zappé de mettre ma montre à l'heure. Oui parce qu'en fait on change d'heure dans toute l'europe. J'étais persuadée que c'était un truc débile de français. Et bah non. Haha.

La route pour Piran est incroyable. La vue sur la mer Adriatique. Si calme qu'elle ressemble à un miroir. Les flancs de collines verdoyants recouverts d'oliviers. Je ne connais pas la Toscane mais ça m'y fait penser. Je me dis que mes parents seraient bien ici.
On passe par Portorož qui est plutot charmante, mais très touristique. J'arrive à Piran pour l'heure du déjeuner, mon ventre crie famine. La ville est sublime et il fait un beau soleil. Je me mets à la recherche d'un endroit sympa pour manger.

Je suis interloquée par une galerie d'arts. Je rentre. Les oeuvres sont en procelaine et papier, c'est super beau. La femme qui tient la galerie me demande quelle langue je parle. Je lui dis français et anglais. Elle me répond dans un français superbe avec son petit accent slovène si mignon. Elle m'explique l'exposition. Et se prend d'affection pour moi immédiatement, je ne sais pas bien pourquoi. Elle s'appelle Sonja, a un sourire plus que contagieux. La cinquantaine, les cheveux rouges, un look coloré incroyable, et son feutre gris et rouge vissé sur la tête. Il me fait penser à celui de Mathias Malzieu dans le clip Vampire de l'amour. Elle me parle d'un ami français sculpteur qu'il faut que je rencontre, de sa fille, d'autres artistes de Piran qu'il faut que je vois.

Une idée lui vient. Il faut que je vois une expo qui est à deux pas d'ici. Elle ferme sa galerie et vient avec moi. Mince le local est fermée. Ca ne l'a décourage pas. On va sur la place de la ville récupérer les clés à un mec qui vend des bijoux en pierres naturelles. On retourne dans cette galerie. Elle me laisse les clés pour que je profite au mieux de l'expo de son amie. " I can trust you ?" . Oui, of course. Je prends donc le temps d'admirer les oeuvres de cette artiste un peu torturée. Ces tableaux sont un peu noirs, complètement déjantés mais très interessants.
Je retourne rendre les clés à Sonja. Elle me propose un capuccino délicieux et un morceau de gâteau aux fruits secs exceptionnel. On continue de discuter. Je la prend en photo. Elle est tellement belle. Et puis, elle décide de m'emmener jusqu'au resto d'une de ses amies. Sur le chemin, on s'arrete dans une autre galerie où il y a une expo photo magnifique. On marche dans les ruelles, elle salue tout le monde "Ciao". On arrive sur une espèce de place. Elle me présente à ses amies. Et on se laisse là. Gros calin. Merci beaucoup Sonia, tu es merveilleusement incroyable.

 L'endroit est superbe. Une immense ancienne fontaine romaine est au milieu et est utilisée comme terrasse . Le soleil innonde l'endroit. La petite cantine de ses amies est très singulière . Tu commandes ton plat directement aux cuisines. Ils te donnent un numéro sur un coquillage. Et quand ton plat est prêt, les cuisines appuient sur la petite sonnette, pendent un poisson en bois avec un numéro sur un fil et si c'est le tien tu vas chercher ton plat toi même. Je commande, je m'installe, prends un petit jus d'orange. Le soleil est si fort que je me mets en débardeur. Ma première fois depuis mon arrivée. Ca fait du bien.
Je passe un coup de téléphone, je lis .. la temps d'attente doit être long. Mais je m'en fiche. Je suis bien. Mon plat est prêt, des calamars fourrés au jambon-fromage. Avec un petite sauce huileuse au pesto. Les premières bouchées sont incroyables. Mais c'est quand même un peu lourd. Je finirai le plat en enlevant la farce des calamars.
Je vais au bar pour payer, la patronne m'offre un morceau de gâteau fait par sa grand mère typique de Pâques : la Potica ( prononcer Potitsa)  Je me régale. Merci beaucoup.

Je vais faire un tour dans la ville. Il y a beaucoup de monde, c'est très familial. Les enfants escaladent les pierres du front de mer. Tout le monde a une glace à la main. Ca parle italien, anglais, slovène. Les ruelles ombragées sont aussi charmantes que le front de mer ensoleillé. Il y a beaucoup de bateaux et de filets de pêches sur le port. De grandes caisses utilisées probablement pour le matériel longent le port. Elles sont recouvertes de tableaux en noir et blanc représentant la ville. La place principale est rempli d'enfants qui jouent au foot ou font du roller.

Je décide de grimper sur le hauteurs de la ville. J'arrive au château. L'entrée est gratuite. La vue imprenable. Sur la mer et sur la ville. C'est beau. Je continue mon chemin et tombe sur un cimetière avec une porte turquoise magnifique. Je rentre. L'endroit est paisible. Remarque,vous imaginiez bien que ca allait pas danser la macarena non plus.
Quelques familles apportent des fleurs et des lanternes sur les tombes pour Pâques. La plupart des tombes ne sont pas recouvertes de marbre froid, mais sont des sortes de jardins fleuris. C'est beau.
Et puis je file à l'église qui surplombe la ville. Autre vue incroyable sur la ville. Piran est officiellement un petit bijou. Le soleil faiblit mais est toujours là. Je redscend dans la vieille ville. M'assoit au bord de l'eau. Et profite du ciel changeant. Des reflets roses s'invitent entre les nuages. Il est presque 19heures, les jours rallongent.

Je vais prendre le bus pour rentrer. J'arrive à Izola vers 20heures. Le soleil est couché mais le ciel est encore lumineux et incroyablement beau. "On sera jamais les beattles" sonne dans mes oreilles, suivi par "Song for a jedi". Un large sourire sur mon visage, je cours pour m'approcher de ce ciel incroyable. Je dois avoir l'air d'une folle. Mais heureuse. Je prends milles photos. Je me sens en vie comme jamais. J'ai envie de faire des calins au monde entier. Je me retiens, mais danse et chante à tue tête. Je reste un moment béate devant tant de beauté.
Je reprends le chemin de la maison en moon-walk pour continuer d'admirer le ciel, et vois que le petit phare du port a l'air d'être responsable de la lumière incroyble du ciel. Difficile à expliquer, quand je pourrai vous mettre la photo vous comprendrez. Très beau tableau.

Je rentre au chaud. Allume le chauffage d'appoint et la lumière si chaleureuse. Vais m'acheter un burek à la viande. Me fait un peu de thé. Me met "Mon voisin Totoro" sur la tablette et file sous la couette. Je ris et je pleure comme une enfant. Ce film est magiquement bon. J'ai envie de revoir tous les Myahazaki d'un coup.
J'enchaine avec un Bertrand Blier. Deux salles, deux ambiances. "Préparez vos mouchoirs"J'avais vu des extraits de ce film et je trouvais les dialogues percutants. En revanche, je ne savais rien de l'histoire. J'ai eu du mal. Ce film m'a mis au plus au point mal à l'aise. Je ne sais pas vraiment si je dois le prendre au premier degré. Mais la mysoginie ambiante et l'espece d'inceste ne m'a pas plu du tout.

Je me suis quand même couchée sereine et pleine d'amour.

Dimanche 27 mars 2016